Une pompe à chaleur géothermique consomme moins qu’un chauffage tout électrique… mais elle consomme longtemps, surtout en hiver. Résultat : la facture reste sensible au moment où la machine tourne, aux horaires associés à l’option choisie, et à la puissance souscrite en kVA. Depuis novembre 2025, des nouvelles plages d’heures creuses peuvent apparaître selon les zones : pour certains logements, c’est une opportunité. À condition de piloter finement, sans dégrader le confort, et sans créer de pics inutiles.
À retenir
- Les heures creuses font gagner seulement si une part suffisante de la consommation est réellement déplacée sur les bons horaires.
- La géothermie se prête bien à l’optimisation grâce à l’inertie, mais elle déteste les variations brutales.
- Depuis novembre 2025, des changements peuvent exister selon les zones : vérifier régulièrement sur la facture et dans l’espace en ligne.
- Le kVA est un point clé : vouloir tout faire en même temps peut créer une pointe et coûter plus cher à l’année.
- Commencer par l’ECS : c’est souvent l’action la plus simple et la plus rentable.
- Penser « système » : pilotage, régulation, et habitudes comptent autant que le tarif.
- Cette réforme s’inscrit dans une logique de transition énergétique : mieux caler les usages, mieux utiliser les énergies disponibles, et réaliser des économies là où c’est pertinent pour les foyers concernés.
- À l’échelle nationale, ces ajustements visent des volumes importants : des millions de compteurs sont susceptibles d’être impactés progressivement, d’où l’intérêt de vérifier ses paramètres après toute mise à jour.
La géothermie a cette réputation de solution « tranquille » : rendement régulier, chaleur douce, peu d’à-coups. C’est souvent vrai. Pourtant, avec un tarif qui varie entre périodes chères et périodes moins chères, le « quand » devient presque aussi important que le « combien ». Le but de cet article : rendre l’option compréhensible, intégrer la logique des changements d’horaires engagés en 2025, et donner des réglages concrets pour déplacer une part de la consommation au bon moment — sans transformer la maison en cockpit.
La vraie question : la PAC tourne-t-elle au bon moment ?
Une PAC géothermique fonctionne rarement par à-coups. En période froide, elle peut tourner de longues plages, parfois quasi en continu. Et quand elle tourne, la facture suit, mécaniquement. Ce qui surprend le plus : une bonne machine ne suffit pas. Il faut aussi éviter de la faire travailler au pire moment tarifaire, ou de provoquer des pointes qui poussent à augmenter le kVA.
Le principe est simple (et pourtant, il est souvent oublié) : déplacer une partie de la consommation vers les heures creuses quand c’est possible, et lisser le reste. Pas de « yo-yo » sur la température. La géothermie aime la stabilité ; c’est précisément ce qui rend le décalage intéressant… à condition de respecter l’inertie du bâtiment et la logique de régulation.
Heures creuses, option, kVA : se mettre d’accord rapidement
Ce que l’option « heures creuses » fait réellement
Avec l’option HP/HC, le prix du kWh d’électricité change selon des horaires définis localement (par point de livraison). En pratique, il y a en général 8 heures creuses par jour, mais ces blocs peuvent varier selon les communes et les secteurs. En contrepartie, l’abonnement n’est pas forcément identique à l’option Base. Autrement dit : ce n’est pas « magique ». L’option devient rentable si une part suffisante de la consommation bascule réellement sur les périodes moins chères.
Si les heures creuses ne capturent pas les gros postes (chauffage, eau chaude, recharge, certains appareils), l’option peut coûter plus cher sur l’année. À l’inverse, une PAC géothermique + un ballon bien réglé + un minimum de pilotage créent souvent un terrain favorable.
Pour qui ça marche, pour qui ça coince
L’option est généralement pertinente si le logement est majoritairement chauffé par la PAC, si l’ECS est pilotable, et si la maison a de l’inertie (plancher chauffant, murs lourds, ballon tampon). Elle coince plutôt quand la présence en journée entraîne beaucoup d’usages non décalables en tarif haut, ou quand le confort impose des relances agressives.
Le piège le plus fréquent : souscrire l’option « par principe », puis ne rien changer. Les heures creuses deviennent alors un libellé sur la facture, sans effet concret.
Le kVA : petit détail, grosses conséquences
Le kVA correspond à la puissance appelée avant coupure (ou avant délestage si l’installation est équipée). Une PAC géothermique appelle souvent une puissance modérée, mais certains moments font grimper la demande : démarrage du compresseur, production d’ECS, résistances d’appoint, cuisson, et parfois recharge d’un véhicule. Si tout se superpose, le disjoncteur réagit… et la tentation est d’augmenter le kVA, donc l’abonnement.
En pratique, la géothermie pousse soit à ajuster le contrat, soit — et c’est souvent plus rentable — à mieux piloter. Parce que payer toute l’année pour une pointe qui arrive quelques jours d’hiver, ce n’est pas une stratégie. C’est un réflexe.
Pourquoi la géothermie se pilote bien avec les heures creuses
Inertie : la « batterie thermique » de la maison
La géothermie est souvent associée à un plancher chauffant basse température. Or un plancher, c’est un volant thermique : il stocke des calories, puis les restitue progressivement. Même logique avec un ballon tampon, ou une maison lourde. Cette réserve permet de chauffer un peu plus pendant les heures creuses, puis de tenir plus facilement ensuite.
Attention toutefois : « chauffer plus » ne veut pas dire « surchauffer ». L’optimisation la plus efficace ressemble souvent à +0,5 °C ou +1 °C au bon moment, pas +3 °C. Sinon, le bâtiment évacue l’excès… et le gain disparaît.
Chauffage et eau chaude : deux postes, deux logiques
Le chauffage et l’eau chaude ne se pilotent pas pareil. Le chauffage est lent, progressif, lié à l’inertie. L’ECS, elle, se programme plus simplement : basculer la production d’eau chaude sur les heures creuses apporte souvent un gain immédiat sur la facture d’électricité.
Cette distinction évite une erreur classique : tenter d’optimiser le chauffage comme un chauffe-eau. Une PAC géothermique n’apprécie pas les ordres contradictoires toutes les deux heures. Elle préfère une stratégie stable et anticipée.
Nouvelles plages horaires : ce qui change et pourquoi c’est concret
Qui fixe les horaires : Enedis, réseau, fournisseurs
Les horaires sont liés à l’organisation du réseau de distribution. Dans la majorité des cas, ce pilotage relève d’Enedis. Les fournisseurs (dont EDF) définissent les offres, les prix et parfois un service de suivi, mais ils ne choisissent pas librement les horaires de chaque point de livraison. Deux voisins peuvent donc avoir des heures creuses différentes : c’est normal.
Depuis la réforme engagée l’année dernière, l’objectif affiché est de mieux aligner ces périodes avec la disponibilité du système, notamment quand la production est abondante. Pour un logement chauffé par PAC, ce n’est pas théorique : le pilotage se joue parfois à l’heure près, surtout pendant les vagues de froid.
Ce à quoi s’attendre : nuit, parfois un créneau en journée
Dans l’esprit, les nouvelles plages mettent souvent l’accent sur la nuit et, selon les zones, un passage en milieu de journée (par exemple autour de midi). Dans les faits, certaines zones voient des blocs se décaler, se regrouper ou se fragmenter. Le détail compte : une PAC préfère des séquences longues et stables plutôt qu’une multiplication de micro-plages qui relancent la machine.
Trois créneaux sont courants dans les configurations modernes : un bloc principal la nuit, un bloc plus court en journée, et parfois un ajustement en début de soirée. Ces créneaux restent toutefois dépendants du secteur : seule la facture (ou l’espace en ligne) fait foi.
Questions à se poser avant tout changement
Avant de toucher aux réglages, trois questions évitent les fausses bonnes idées. D’abord : quelle part de la consommation est réellement déplaçable (ECS, ballon tampon, légère anticipation) ? Ensuite : l’écart tarifaire entre périodes justifie-t-il l’effort, compte tenu de l’abonnement ? Enfin : la maison accepte-t-elle l’anticipation sans inconfort (isolation, inertie, émetteurs) ?
En 2026, les tarifs varient fortement selon les offres et les fournisseurs, mais la règle reste la même : l’option n’est rentable que si les heures creuses absorbent un volume suffisant d’électricité. La géothermie aide, mais elle ne fait pas tout.
Connaître ses créneaux, vite et sans se tromper
Où trouver l’information : facture, espace, compteur
Le plus fiable reste la facture ou l’espace en ligne : les horaires d’heures creuses y figurent généralement. Le compteur Linky (si présent) permet aussi l’affichage, même si ce n’est pas toujours l’interface la plus agréable. En cas de doute, le contrat indique l’option souscrite et les plages associées.
Conseil terrain : noter ces horaires noir sur blanc (tableau électrique, carnet technique, application de gestion). Après un changement, beaucoup reprogramment « de mémoire ». Et c’est là que les économies s’évaporent.
Si vos horaires évoluent : quoi vérifier
Un changement d’horaires peut être annoncé par le fournisseur, apparaître sur la facture, ou se voir dans l’espace client. Trois vérifications prennent cinq minutes : plages exactes, date de mise en œuvre, et impact éventuel sur l’abonnement de l’option.
Point de vocabulaire utile : EDF (ou un autre fournisseur) gère votre contrat et vos prix ; Enedis gère le réseau et l’organisation des horaires selon les secteurs. Mélanger les deux fait perdre du temps — et rarement dans le bon sens.
Scénarios concrets : à quoi ressemble une journée bien pilotée
Plancher chauffant : exploiter l’inertie sans surchauffe
Avec un plancher chauffant, le bon réflexe consiste à anticiper légèrement la fin des heures creuses : une petite hausse de consigne, ou un élargissement de la plage de fonctionnement, permet de « charger » le bâtiment. Ensuite, pendant la période chère, la PAC tourne plus doucement, car le sol restitue progressivement.
Point d’attention : courir après la température ruine l’intérêt. Si la consigne monte trop vite, l’appoint peut se déclencher, la puissance instantanée grimpe, et la consommation explose. C’est un classique… et beaucoup de clients pensent à tort que la PAC est « mal dimensionnée » alors que le problème vient du pilotage.
Radiateurs à eau + ballon tampon : pilotage lisible
Avec des radiateurs à eau et un ballon tampon, la stratégie est plus facile à visualiser : charger le ballon pendant les heures creuses, puis lisser le reste. Deux effets recherchés : limiter les redémarrages et réduire les appels de puissance en période chère. Une PAC qui démarre moins souvent travaille généralement mieux, et le compteur « respire ».
Ce pilotage réduit aussi le risque d’augmenter le kVA uniquement pour passer une pointe de quinze minutes. Sur une année, ce genre d’abonnement surdimensionné pèse lourd, sans apporter de confort supplémentaire.
Eau chaude : l’optimisation la plus simple
Programmer la production d’eau chaude sur les heures creuses est souvent l’action la plus rentable : facile à mettre en œuvre, peu risquée pour le confort. Un contacteur, un paramétrage de régulation, ou une programmation interne suffit généralement.
Ajustement concret : si les douches sont tôt, terminer la chauffe juste avant le réveil. Si le besoin est surtout le soir, éviter une chauffe trop tôt qui se refroidit inutilement. L’idée n’est pas de chauffer plus d’eau, mais de chauffer au bon moment.
Réglages : ce qui se fait soi-même, ce qui mérite un pro
Programmation de la PAC : leviers accessibles
Selon la marque, on retrouve souvent : plages de fonctionnement, consignes jour/nuit, mode absence, priorité ECS. La règle la plus sûre : un seul changement à la fois, puis observation au moins 3 à 7 jours. En hiver, la météo fausse vite les conclusions, et une correction trop rapide déclenche une spirale de réglages.
Réglage typique : étendre légèrement le fonctionnement sur les heures creuses, réduire la sollicitation sur les périodes chères, sans couper totalement. Couper net conduit souvent à une relance plus coûteuse ensuite. Et oui, c’est contre-intuitif : arrêter pour « économiser » peut faire consommer plus.
Loi d’eau et courbe de chauffe : là où se jouent les vraies économies
La loi d’eau adapte la température d’eau envoyée selon la météo. Quand il fait doux, la température baisse ; quand il fait froid, elle monte progressivement. Une courbe bien réglée limite les relances brutales, réduit l’appoint électrique, et stabilise la consommation.
Le lien avec les heures creuses est direct : plus la régulation est fine, plus il devient possible de charger légèrement en période avantageuse sans déclencher une sur-puissance, puis de tenir ensuite. À l’inverse, une courbe trop agressive pousse la PAC à tirer fort, souvent au mauvais moment.
Délestage, pilotage, service de suivi : quand l’automatisation aide
Le délestage coupe temporairement certains usages quand la puissance approche la limite de kVA. C’est utile quand la PAC, l’ECS et d’autres appareils risquent de fonctionner ensemble pendant les heures creuses (paradoxalement, on peut créer une pointe en voulant tout déplacer). Un service de suivi via l’espace du fournisseur aide aussi : visualiser les profils et repérer les pics évite de régler à l’aveugle.
Pour les systèmes avancés (passerelles domotiques, pilotage par signaux externes), mieux vaut valider la compatibilité. Une mise mal faite peut créer des cycles courts — et ce n’est bon ni pour la performance, ni pour la durée de vie.
Si l’appoint électrique se déclenche en période chère
Quand l’appoint se déclenche en période chère, la promesse des heures creuses se fissure. L’appoint arrive souvent lors d’un coup de froid, d’une consigne trop ambitieuse, ou d’une relance après une baisse mal calibrée. Et là, la facture d’électricité s’envole : l’appoint consomme beaucoup pour un résultat immédiat.
Pistes concrètes : vérifier la loi d’eau, limiter les conditions de déclenchement de l’appoint si c’est possible, revoir les plages, et regarder l’isolation. Parfois, le problème vient aussi d’un kVA trop juste : l’installation se met en contrainte, la régulation fait des choix défensifs, et la consommation s’aggrave.
Erreurs fréquentes : celles qui coûtent cher sans qu’on s’en rende compte
Erreur n°1 : vouloir « tout passer » en heures creuses et créer une pointe. La PAC démarre, l’ECS chauffe, le four tourne, la recharge se lance… et le compteur encaisse. Dans le meilleur des cas, la consommation s’écrase sur un laps de temps ; dans le pire, disjonction, puis hausse du kVA et abonnement plus cher.
Erreur n°2 : surchauffer pendant la période avantageuse, puis aérer parce qu’il fait trop chaud. Le gain est littéralement « parti par la fenêtre ». À ce titre, il faut aussi garder en tête que l’abonnement peut évoluer selon l’option et le kVA. Enfin, beaucoup confondent changement d’offre (prix du kWh) et changement d’horaires (lié au compteur et au réseau), ou oublient de reprogrammer après une mise à jour.
Mesurer si l’option fonctionne : méthode simple, sans tableur compliqué
Repérer la répartition et les kWh
Le contrôle le plus simple : regarder la répartition dans l’espace client, ou via les index séparés du compteur. Ce qui compte : voir une part significative de kWh basculer sur les heures creuses. Sinon, l’option ne fait pas son travail, même si la facture affiche deux lignes.
Bon réflexe : noter, sur une semaine froide, le pourcentage de kWh en heures creuses, puis comparer après réglages. Inutile de viser la perfection : un décalage réaliste, stable, donne déjà des économies.
Relier consommation et météo : éviter les fausses conclusions
Comparer deux journées n’a presque aucun sens si la température extérieure change. Le test utile compare des périodes similaires (mêmes ordres de grandeur de températures, mêmes habitudes), avant et après réglage. La PAC réagit lentement, la maison aussi : un suivi sur 7 à 14 jours est souvent plus fiable qu’une conclusion tirée en 24 heures.
Changer d’option, de fournisseur, ou ajuster le kVA : décider sans se crisper
Tarif vs confort : la boussole
La boussole est simple : combien d’effort est acceptable pour gagner sur l’électricité ? Une géothermie vise d’abord une chaleur stable. Si l’optimisation impose des variations visibles, l’occupant reprend la main… et l’option perd son intérêt.
Un arbitrage sain consiste à optimiser d’abord l’ECS, puis à jouer progressivement sur l’inertie du chauffage, avec des réglages doux. C’est rarement spectaculaire. C’est souvent efficace.
Check-list avant un changement de contrat
Avant un changement d’option ou de contrat, vérifier : prix du kWh selon les périodes, prix de l’abonnement, outils de suivi, conditions, et lisibilité des données de conso. Et surtout : ne pas juger une offre en été. Une PAC se juge en hiver, quand elle consomme le plus.
Autre point concret : comparer plusieurs offres sur la base de vos kWh réels. Les clients qui gagnent le plus sont rarement ceux qui changent tous les ans ; ce sont ceux qui changent avec une mesure fiable et des habitudes adaptées.
Monter ou baisser la puissance souscrite
Monter le kVA peut être pertinent si des coupures surviennent régulièrement, si le délestage coupe sans arrêt, ou si PAC + ECS + cuisson + recharge se superposent souvent. À l’inverse, il est parfois possible de baisser le kVA si la puissance maximale est rarement atteinte, si le pilotage est bon, et si les usages sont mieux étalés.
Ce point compte : un kVA surdimensionné se paie 12 mois sur 12. Mieux vaut lisser d’abord, ajuster ensuite.
Données 2026 : ordres de grandeur utiles pour estimer le potentiel
Pour donner un cadre concret, voici des ordres de grandeur observés en France métropolitaine sur une maison de 110 à 160 m² chauffée par PAC géothermique : consommation annuelle totale souvent entre 8 000 et 16 000 kWh selon isolation, climat, ECS et habitudes. Sur ces profils, déplacer 20 à 35 % des kWh vers les heures creuses devient réaliste quand l’ECS et une partie du chauffage sont pilotés proprement.
Ce potentiel varie énormément : une mauvaise loi d’eau, un appoint mal réglé, ou une puissance trop contrainte peuvent annuler les gains. Pourtant, une optimisation douce et cohérente produit souvent des économies mesurables dès le premier hiver complet.
Tableau 1 — Glossaire opérationnel
Objectif : poser des définitions utilisables et vérifier rapidement « quoi touche quoi » avant une mise à jour de réglage ou un changement d’option.
| Terme | Définition pratique | Impact sur la facture | Où vérifier / régler | Erreur typique |
|---|---|---|---|---|
| Heures pleines | Périodes où le kWh est au tarif haut | Chaque kWh de chauffage coûte plus | Facture, espace en ligne, Linky | Laisser la PAC relancer fort sur ces périodes |
| Heures creuses | Périodes où le kWh est au tarif réduit (souvent 8 h/j) | Réduit le coût si des kWh y sont déplacés | Facture, espace en ligne, contrat | Penser que l’option est rentable sans pilotage |
| Option HP/HC | Contrat à double tarif avec abonnement spécifique | Rentable si une part suffisante de kWh est en HC | Contrat fournisseur (ex. EDF ou autre) | Oublier de comparer le prix d’abonnement |
| kVA | Puissance souscrite, limite avant coupure / délestage | Plus de kVA = abonnement plus cher | Contrat, facture, tableau électrique | Augmenter sans avoir étalé les usages |
| Loi d’eau | Courbe qui adapte la température d’eau selon la météo | Réduit appoint et relances coûteuses | Régulation PAC, installateur si besoin | Courbe trop haute → surconsommation |
| Appoint | Résistance ou système secondaire en renfort | Peut faire grimper fortement la facture | Paramètres PAC, contrôle pro | Le laisser compenser un mauvais réglage |
| kWh | Unité d’énergie facturée | Base de calcul des coûts variables | Index compteur, espace en ligne | Se focaliser uniquement sur la puissance instantanée |
Tableau 2 — Check-list hebdomadaire orientée heures creuses
Objectif : transformer les heures creuses en plan d’action, sans dérégler toute l’installation d’un coup.
| Étape | Action | Temps | À observer | Décision |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Relever les horaires exacts (facture + espace en ligne) | 10 min | Plages et date de mise à jour | En cas de doute : vérifier via le fournisseur et Enedis |
| 2 | Mesurer la répartition sur 7 jours (courbe Linky / espace) | 15 min | % de kWh en HC | Si faible : commencer par l’ECS et un pilotage simple |
| 3 | Programmer l’ECS sur les heures creuses | 20–40 min | Confort + baisse en période chère | Ajuster l’heure de fin selon les usages |
| 4 | Chauffage : ajuster doucement (léger décalage, pas de coupure franche) | 15–30 min | Température stable, pas de surchauffe | Si inconfort : réduire l’écart, revoir la courbe de chauffe |
| 5 | Surveiller l’appoint : fréquence et moment | 10 min | Appoint en période chère = alerte | Revoir consignes / loi d’eau, envisager contrôle |
| 6 | Contrôler la puissance : pics et risque kVA | 10–20 min | Coupures, simultanéités, délestage | Étaler les usages, activer le délestage si disponible |
Tableau 3 — Aide à la décision (Base vs heures creuses)
Objectif : décider sans biais. Ce tableau ne remplace pas une simulation, mais pose une logique de diagnostic.
| Profil | Ce qui est souvent vrai | Potentiel | Action prioritaire | Risque principal |
|---|---|---|---|---|
| PAC géothermique + plancher chauffant + ECS pilotable | Inertie forte, chauffage stable | Élevé | Programmer ECS + anticipation légère | Surchauffe et perte de gain |
| PAC géothermique + radiateurs à eau + ballon tampon | Stockage possible, pilotage lisible | Élevé à moyen | Charger le tampon en HC puis lisser | Pointe de puissance si tout démarre ensemble |
| Régulation instable ou appoint fréquent | Relances, confort irrégulier | Moyen | Stabiliser loi d’eau avant d’optimiser | Appoint en période chère |
| Présence forte en journée (télétravail, cuisson, appareils) | Beaucoup d’usages non décalables | Moyen à faible | Mesurer 2 semaines, puis décider | Option non rentable si peu de bascule réelle |
Plan d’action en 7 jours : simple, progressif, robuste
Le plan le plus efficace est rarement celui qui change tout. Il faut éviter de multiplier les réglages et de ne plus savoir ce qui a amélioré — ou dégradé — la consommation. Les ajustements progressifs, eux, s’expliquent et se corrigent.
- Jour 1–2 : récupérer les horaires exacts, puis relever la répartition sur la semaine.
- Jour 3–4 : programmer l’ECS sur les heures creuses, et vérifier le confort.
- Jour 5–6 : ajuster le chauffage doucement (anticipation légère), surveiller l’appoint.
- Jour 7 : vérifier les pics de puissance et décider : délestage, réglage de courbe, ou ajustement de kVA.
Retour au réel : ce que vous devez constater quand c’est bien réglé
Quand le pilotage est bon, le logement paraît plus régulier : moins de variations, moins de relances « au mauvais moment », une PAC qui travaille plus calmement. La répartition devient plus nette : une part plus visible passe en heures creuses sans créer une pointe démesurée. Et surtout, l’appoint devient rare, ou au minimum mieux maîtrisé.
Dernière question, très pratique : si une seule chose doit bouger cette semaine, est-ce l’ECS, la programmation chauffage, ou le suivi via l’espace et les données Linky ? En général, la réponse la plus rentable n’est pas celle qui demande le plus de paramètres. C’est celle qui stabilise le système.
Sources
- https://www.enedis.fr/
- https://particulier.edf.fr/fr/accueil/aide-contact/heures-creuses.html
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F23283
- https://www.cre.fr/
- https://www.ademe.fr/